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Au fait, ça sert à quoi un éditeur ?

Le métier d’éditeur est très souvent idéalisé, romancé… si bien qu’on oublie souvent en quoi ce métier consiste. Et même en cherchant, il n’y a malheureusement que très peu d’information. Pourquoi ? Tout simplement parce que le métier d’éditeur n’est jamais le même d’une maison à une autre, d’un marché à un autre. Lorsqu’on parle de « marché » en édition, il s’agit des différents types de livres : des romans de fantasy jeunesse, des livres petite enfance, des manuels scolaires, des ouvrages universitaire, de la littérature, des guides pratiques… Chaque maison a sa spécificité car nous ne faisons jamais la même chose !

Par exemple, prenons un roman de littérature pour adultes. L’éditeur va recevoir un manuscrit que son comité a déjà sélectionné. Il décide de l’éditer : s’ensuit un travail de relecture, parfois de réécriture sur certains passages, de corrections ortho-typographiques, etc. Parallèlement, il va aussi gérer le travail d’un ou plusieurs graphistes pour la composition de la couverture, puis d’un maquettiste pour la mise en page… Il va ensuite l’envoyer chez l’imprimeur pour 1 000 à 3 000 exemplaires en moyenne. De l’imprimeur, les livres vont être envoyés chez le distributeur qui va lui-même l’expédier aux librairies et grandes enseignes comme la Fnac ou même Carrefour.

Que se passe-t-il pour un guide pratique ? Le dernier livre de cuisine de chez Marabout, par exemple ? Les éditeurs, avec l’équipe marketing, vont analyser les tendances actuelles pour comprendre ce qui intéresse le plus leur lectorat potentiel : est-ce la cuisine japonaise ? Méditerranéenne ? Veut-on cibler les jeunes en leur proposant les recettes d’Harry Potter ou plutôt les adultes dont une grande partie voyage en Asie ? Une fois toutes ces questions répondues, l’éditeur va démarcher un ou plusieurs auteurs : bloggeurs de cuisine ou vrais chefs ; il va penser maquette et couleurs avec son graphiste puis son maquettiste, établir les chapitres, etc. S’il s’agit d’un guide de voyage, l’éditeur devra s’occuper de la cartographie, du voyage de l’auteur sur place pour les bonnes adresses, bref encore quelque chose de complètement différent !

Dans les grandes maisons d’édition, les équipes sont importantes et les tâches bien délimitées. Dans une petites structure, il faut tout faire soi-même : on peut donc y ajouter la comptabilité, la “fabrication” (c’est-à-dire la réflexion sur le choix du papier, de l’impression, etc.). Bref, éditer peut dire tout et n’importe quoi.

Aujourd’hui, le marché du livre est en crise: que ce soit librairies ou éditeurs, l’économie des petites entreprises est fragilisée. Pour nous qui aimons tant les livres, il est de notre responsabilité de les soutenir en se déplaçant en achetant nos livres chez notre libraire de quartier ou de les commander par le biais des réseaux de libraires.

Enfin, nouveauté sur le marché de l’édition : les plateformes d’auto-édition et les micro-éditeurs comme nous participent à ce mouvement en proposant une alternative aux grands groupes qui monopolisent l’édition (et la vampirise largement): c’est notre façon de recréer un lien direct entre les auteurs, comme vous, et les lecteurs !

(Photographie d’une sculpture de sable par le photographe belge Armennano.)