Éditer mon manuscrit

Ça y est, votre manuscrit est fini, relu et corrigé ?
Désormais deux possibilités s’offrent à vous : l’édition traditionnelle ou l’auto-édition, sans que l’une n’exclue l’autre. En effet, beaucoup d’écrivains à succès ont navigué entre les deux afin de trouver de livre en livre les meilleurs contrats.

Envoyer son manuscrit aux éditeurs…

L’envoyer aux grandes maisons, mais pas que…

N’envoyez pas forcément votre manuscrit aux grands groupes éditoriaux : Hachette, Gallimard, Seuil, etc. Bien sûr, ce sont des acteurs incontournables du marché mais pensez aussi aux petites et moyennes maisons qui peuvent être spécialisées dans votre domaine. Dans ce cas, il faut prendre un peu de temps pour démarcher ces éditeurs, analyser leur catalogue et se demander si votre tapuscrit respecte leur ligne éditoriale et peut s’inscrire dans celle-ci. Pour ça, rien de plus simple : il vous suffit de regarder leurs différents thèmes, genres ou sous-genres. Dix à quinze envois suffiront à cocher cette étape et à passer à la suivante.

Ce que peut m’apporter l’édition traditionnelle

Les personnes à qui vous faites lire votre œuvre seront souvent des proches avec une opinion bienveillante, ils n’oseront pas toujours vous apporter la critique nécessaire à votre progression. C’est pourquoi il est toujours bénéfique d’échanger avec un éditeur traditionnel. S’il caresse moins dans le sens du poil, il vous apporte une expertise professionnelle et de réelles pistes de réflexion pour vous améliorer et atteindre le public que vous visez. Et si votre tapuscrit enthousiasme un éditeur, ces envois peuvent déboucher sur des contrats intéressants.
Certes, il existe un vrai problème concernant les droits d’auteurs et sur le manque de considération des écrivains de la part de certains éditeurs. Pour éviter ce genre de déconvenues, choisir l’auto-édition peut être une solution.

… sans forcément négliger l’auto-édition

Quand vous envoyez votre ouvrage à un éditeur, qu’il s’agisse de grands groupes ou de petites maisons, le délai de réponse peut être très long : de trois mois à … un an ! Le temps de vous décourager, d’être déçu et de passer à autre chose.
Et si, en attendant, vous valorisiez votre manuscrit ?

Auto-édition et édition sont parfois complémentaires

Et oui, pensez l’auto-édition différemment : elle peut être la clef d’un bon contrat à compte d’éditeur.
Du point de vue d’un éditeur, bien écrire ne veut pas dire forcément bien vendre ; mais si un écrivain envoie un bon manuscrit, et qu’en plus, il travaille déjà sur sa communication, qu’il a de bonnes ventes sur Amazon et qu’il commence à réunir une communauté de lecteurs autour de lui, un éditeur le considèrera également comme un bon vendeur ! Cette démarche, qui demande nécessairement plus d’investissement de votre part, vous assurera néanmoins de meilleurs droits d’auteur. Et si ce n’est pas le cas, faîtes comme Fred Vargas et allez voir ailleurs !

Et si on ne me rappelle pas ?

Si aucun éditeur ne vous rappelle, cela ne veut certainement pas dire que votre manuscrit est mauvais. Au contraire… Vous connaissez sans doute l’histoire de J.K. Rowling (Harry Potter) et de ses nombreux refus. Il faut du temps au temps quand on parle littérature, et parfois les lecteurs n’ont pas besoin d’éditeur pour vous trouver.

Créer dès à présent votre communauté de lecteurs

Vous n’êtes pas seuls. Grâce à internet, il existe un nombre incroyable de communautés d’écrivains. Pensez-y !

Favoriser l’échange

Qui dit écrivain dit forcément lecteur… En tant qu’auteur, votre avis sur les textes des autres peut apporter un regard neuf et constructif (à vous, et à celui qui bénéficie de vos lumières). C’est votre force, alors faites-leur en profiter ! Ce cercle vertueux vous sera forcément favorable à un moment. Mais ne faites pas que relire, échangez ! Ce que vous pouvez apporter aux autres, les autres peuvent vous l’apporter aussi. Faire face à son lecteur, c’est un premier pas vers votre indépendance d’auteur.

Votre manuscrit n’est pas gravé dans le marbre

Vous avez mis votre livre en vente et les retours vous ont fait changer d’avis sur certains aspects de vos écrits ? Vous avez décidé de vous passer de la correction professionnelle et vos lecteurs l’ont bien remarqué ? Cela peut arriver lors d’une première auto-édition. Mais l’avantage, c’est que vous pourrez corriger tout cela sur les suivantes ! Et ne désespérez pas : Tolkien et Proust, par exemple, ont passé leur vie entière à retravailler leurs textes pour construire leur univers. Et ils se faisaient corriger !

Obtenir un ISBN

Votre premier pas pour devancer les éditeurs, c’est de rendre votre livre vendable. Juridiquement vous n’avez qu’une petite chose à faire : obtenir un ISBN. Pour cela, il vous faut faire un petit tour sur le site de l’Afnil (Agence Francophone pour la Numérotation Internationale du Livre), qui vous coûtera 30 euros (25 + 5 euros de TVA). Vous recevrez votre ISBN dans un délai de 3 semaines.

Mais si on est vraiment pressé ?

Pour obtenir rapidement votre ISBN, les frais seront forcément plus élevés. Comptez 50 euros pour le recevoir sous deux jours ouvrés. C’est un sacrifice nécessaire si, par exemple, on vous propose de vendre votre livre sur un stand ou lors d’un salon et que vous devez aussi compter le temps d’impression.

Se donner les bons outils pour vendre et communiquer

Cette étape est la plus difficile puisqu’il s’agit de financer la vente et la communication de votre ouvrage auprès de vos lecteurs. Tout d’abord, il faudra vous fixer un objectif commercial : vendre 20 exemplaires à vos proches n’est certainement pas la même chose que d’en vendre 100, ou 500, à des inconnus.

Établir un prix de vente

Tout d’abord, il est primordial d’établir un prix de vente : à cette fin, allez flâner en librairies pour comprendre les règles de prix des différents secteurs, segments et sous-segments de marché. Par chance, il n’existe pas encore de police éditoriale pour vous arrêter si vous fixez un mauvais prix, mais il est possible qu’un prix trop élevé dissuade vos potentiels lecteurs et qu’un prix trop bas ne vous permette pas de payer vos frais (impression, commercialisation, etc.), comme de réaliser une marge après tout ces efforts. Prenez le temps d’y réfléchir pour trouver le juste prix !

rentrer dans ses frais

Généralement, le prix d’un livre est trois à cinq fois son prix de revient unitaire. Par exemple, si vous imprimez 100 exemplaires de votre livre, divisez par cent le prix de l’impression et vous obtiendrez ce que vous coûte l’impression d’un seul ouvrage. Bien sûr, plus vous en imprimerez, plus votre prix de revient unitaire diminuera. Attention ! Ceci n’est qu’une base. Fixez-vous un budget vous permettant de faire appel à un prestataire pour la maquette, la communication, la vente ; rajoutez ensuite les frais d’impression et recomptez à nouveau le prix de revient unitaire de votre ouvrage. Un doctorat en mathématiques n’est pas nécessaire mais avec un peu de rigueur et de patience, vous arriverez à estimer la juste valeur de votre travail et celles de vos collaborateurs (graphiste, maquettiste, imprimeurs, éditeurs, etc.).

Éditer et écrire sont de vrais métier, qui s’apprennent, se complètent et peuvent s’associer ; c’est cela, s’auto-éditer !