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Mon projet d'écrire

Un antagoniste mémorable


Aujourd’hui je vous propose de comprendre vos vilains préférés. Nous allons nous demander de quoi sont fait les plus crédibles des antagonistes de fiction, puis nous essayerons de comprendre comment leur donner vie. 

Pour commencer nous allons choisir un personnage exemple  afin de nous aider à comprendre toutes les subtilités du méchant littéraire de fiction. Notre accompagnatrice sera la sorcière blanche de CS Lewis dans son oeuvre Le Monde de Narnia. Il y aura toutefois d’autres exemples percutants au sein de l’article.

Tout d’abord nous allons définir précisément ce qu’est un “méchant” dans une oeuvre. Ensuite nous pourrons établir une analyse globale du personnage théorique. Enfin il y aura la fiche personnage qui vous permettra de voir l’analyse appliquée ou de l’appliquer vous-même à vos personnages préférés. 

Le méchant, ou personnage tourné vers le mal s’oppose au protagoniste qui est principalement le héros. Cette opposition impute au méchant le titre d’antagoniste. C’est ainsi que nous qualifierons le personnage tout au long de l’article. 

Il est le plus souvent mené par une souffrance intime ou personnelle. Il aide au développement des intrigues autour de son histoire personnelle mais il est également une mesure pour les tensions et les forces au sein du récit. En effet, il est une partie prenante du conflit, les tensions et les forces de l’histoire s’articulent autour de lui et du protagoniste mais également entre eux.

De plus, l’antagoniste est souvent un miroir du héros : il est comme un jumeau de caractère ou un jumeau dans leur histoire passée mais il ne fait que le mal. Il semble parfois bien plus puissant que le héros, c’est le cas pendant un long moment de l’histoire puis la situation se retourne et le héros devient soudain bien plus fort que son antagoniste ce qu’il lui permet de mettre ce dernier en échec.

Cela le mène à être la figure de la frustration dans bien des cas : il n’obtient pas ce qu’il désire, malgré tous ces efforts. Cela légitime ces haines et fait grandir sa souffrance : cela donne du coeur et de la profondeur au personnage. C’est lors de la défaite que l’on prend souvent pitié des antagonistes, par exemple dans Harry Potter lorsque Rogue se sacrifie pour lui : finalement il n’était pas si vindicatif.

Mais alors comment inventer un antagoniste crédible aux yeux du lecteur ?

Commençons au commencement : vous devez savoir si votre antagoniste sera seulement opposé au héros, ou si il sera sa némésis. La némésis est l’ennemi juré. C’est le personnage qui sera l’éternel ennemi : combats, complots et actions sur le long terme. Voilà le rôle de la némésis. Ainsi si vous décidez que votre antagoniste sera la némésis de votre héros, vous devez penser à leur relation, leurs interactions sur le long terme. Un ennemi juré ne disparaît pas après un simple combat. N’oubliez pas que Sherlock Holmes à vu Moriarty revenir bien des fois avant d’arriver à le stopper. Pour cela il a du se donner la mort. De la même manière, dans Le Monde de Narnia, la sorcière est l’antagoniste des quatre héros, mais elle est la némésis d’Aslan le lion qui la combat depuis des années sans relâche. 

Votre vilain doit également avoir du style, du charme. Il doit pouvoir séduire votre lecteur. Cela permettra dans certains cas de faire croire qu’il est un personnage tout autre que celui de sa vraie nature. Il peut être très intelligent, ou riche, ou avec des pouvoirs magiques spéciaux … Il faut qu’il reste dans les mémoires. Cela peut aussi permettre de faire un antagoniste que le lecteur jalouse ou envie. Si l’antagoniste est très charmant, le lecteur sera happé par son aura. Il ne verra plus les mauvais tours. C’est également ici que vous pouvez instaurer un “plot twist”. C’est-à-dire que vous initiez un retournement de situation. Par exemple, dans Le Monde de Narnia, lorsque Edmund rencontre la sorcière, elle est douce et gentille, en tant que lecteur on ne voit pas la cruauté du personnage. On ne le comprend qu’après lorsqu’elle se retourne contre Edmund et le jette en prison.

Votre personnage se doit également d’être insaisissable, ou non-affrontable. C’est cette distance mise entre le protagoniste et l’antagoniste qui rend le mal encore plus flagrant : l’antagoniste est seul, loin, introuvable et trop fort pour être affronté. Il fait peur car il semble être une menace malgré la distance.

Un autre élément important pour votre antagoniste c’est son bras droit, ou son lieutenant. Parfois ce dernier est bien définit comme Maugrim qui est un loup gris serviteur, bras droit et chef de la police secrète de la Sorcière Blanche, et parfois il est plus flou comme Voldemort qui fait parfois appel à son serpent, parfois à ses mangemorts et parfois à d’autres partisans un peu écartés de son armée. Peter Pettigrow pourrait également être son bras droit, mais Voldemort ne fais pas systématiquement appel à lui. 

Mon dernier conseil est pour le nom de votre personnage. Il faut le choisir judicieusement. En effet, il faut que le nom de votre antagoniste soit évocateur : il peut évoquer sa souffrance, son passé, ses intentions, son histoire. Il peut aussi avoir une signification particulière. Mais il faut que le nom du personnage ait un sens. Prenons l’exemple de la Sorcière Blanche. Elle est nommée comme cela car elle vit dans un château de glace, s’habille de blanc et est impassible. Mais son véritable nom est Jadis. Ce mot est d’origine persane, il signifie “sorcière”. C’est un choix de C.S. Lewis pour donner un sens au nom de son personnage.

Si vous êtes lecteur, j’espère que ces descriptions vous aideront à mieux comprendre vos antagonistes favoris ou à mieux cerner les prochains que vous découvrirez ! 

À présent vous savez comprendre et même façonner un antagoniste. Je vous propose de découvrir comment, grâce à une fiche personnage, vous pouvez en dresser un portrait. Pour cela, je vous propose le portrait de la Sorcière Blanche. Voici donc sa fiche complète ! 

Vous pouvez également avoir une fiche vierge afin de créer ou analyser des personnages vous-même.

Merci pour votre temps, j’espère que cet article vous aura plu !

Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite une belle semaine, et je vous attend vendredi prochain ! Prenez soin de vous, soyez patient, soyez prudents, et si vous vous ennuyez ; écrivez, lisez, rêver à ce que vous aimeriez … C’est ce que je ferais moi en attendant de vous retrouver.

A bientôt !