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Mon projet d'écrire

Et si votre personnage guidait votre récit ?


Tout le monde a sa tasse de thé ? Alors, parlons aujourd’hui du schéma narratif, la bête noire de bien des auteurs.

Écrire est une passion, parfois même un besoin. Quand nous écrivons, nous avons tendance à nous laisser porter par nos idées et les émotions que nous voulons partager au lecteur ; ou alors, nous avons trop de choses à dire, et cela s’en ressent dans la construction de nos intrigues. L’idéal serait de pouvoir proposer des millions de flash-backs (ou analèpses), de quoi créer un labyrinthe narratif dans lequel le lecteur retrouvera toujours son chemin… ou pas. Car ceci est impossible. Donc mieux vaut privilégier un fil narratif sans noeud, des personnages qui se construisent au fur et à mesure des chapitres – dans l’ordre, de préférence – en vous intéressant à leur psychologie, pour mieux identifier et décrire leurs envies, leurs pulsions et leurs actions au cours du récit.

Le modèle psychologique que nous observons aujourd’hui en littérature est le modèle transthéorique du changement, proposé dans les année 1970 par les psychologues James Prochaska et Carlo DiClemente. Il décrit les cinq étapes du changement psychologique de l’individu, très proche de celui du conte.

I. La situation initiale devient celle de la précontemplation (ou de l’inaction)

Le personnage ne pense pas au changement, ne bouleverse en rien ses habitudes. Une situation idéale pour mettre en place un contexte, afin de présenter son ou ses protagonistes et décrire leur histoire.

II. L’élément déclencheur devient la prise de conscience

Il ne s’agit pas encore de la prise d’action du personnage ; votre narration peut d’ailleurs débuter ici et résumer la situation initiale en… une ligne. Certains auteurs préfèrent jeter leurs lecteurs au coeur de l’action pour éviter les longueurs. L’élément déclencheur peut entraîner la prise de conscience comme la prise de conscience peut aussi être l’élément déclencheur. Nous sommes encore aux prémices de l’histoire, avec la présentation de ses problématiques et de ses enjeux. C’est l’étape précédent l’action du personnage.

III. Les péripéties ou la préparation

Le personnage est maintenant convaincu de devoir changer ou d’agir : il échafaude des plans, réfléchit et commence sa lutte, son évolution vers le héros que le lecteur va aimer ou haïr : le processus d’identification est à son comble puisqu’on comprend ou non les choix du personnage.

IV. Le dénouement ou l’action

L’histoire se joue à ce moment précis, il n’y aura plus aucun retour en arrière. Il ne s’agit plus de réflexion : le personnage agit au mieux pour prendre position et résoudre la situation dans laquelle il se trouve. L’évolution de son caractère s’est opérée ; le lecteur se demande si le héros arrivera au bout de sa quête.

V. La situation finale devient le maintien (ou la consolidation)

Nous savons maintenant où se trouve le héros, et nous lisons encore pour quelques pages le maintien de son cap, de la route qui lui reste à suivre.

Je vous propose de reprendre ce modèle en adaptant l’histoire de votre protagoniste. Plus ses réactions et ses émotions seront décrites et compréhensibles au lecteur, plus votre histoire semblera authentique. À vous de jouer !