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Exercices d'écriture

Terrasse à Sainte Adresse

Aujourd’hui, je vous propose de prendre votre inspiration dans un tableau : Terrasse à Sainte-Adresse de Monet. Il est assez particulier puisqu’il ne s’agit pas seulement ici d’un témoignage de l’impressionnisme, mais d’un moment précis de la vie de l’artiste, et d’un cadre narratif bien installé pour l’écriture. Si je dois vous conseiller un thé pour ce moment privilégié, ce serait un Lapsang-Souchang, dont le goût fumé vous prend la bouche et laisse un arrière-goût étrange.

Que nous dit le tableau ?

Plongez-vous sur cette terrasse, appréciez la brise qui vient de la mer, nous sommes près du Havre en 1867. Des bateaux sont au mouillage, d’autres plus loin ne font que passer en laissant échapper une fumée noire. Monet revient voir sa famille : il a abandonné les cours académiques pour lesquels il était parti et c’est une guerre ouverte avec sa tante depuis qu’il vit avec Camille. Non, depuis toujours en fait, et l’Algérie n’a rien arrangé. Il ne reviendra pas ici, trop attaché à sa liberté et à ses recherches artistiques avec Pissarro, Manet, Degas, Renoir. Sans compter les soirées qui s’éternisent jusqu’au petit matin, les conversations effrénés dans les cafés ou les jardins… 

Son père, grave, ne dit rien, le visage baigné dans le soleil qui ne semble plus l’atteindre, nous sommes un dimanche après-midi. Il se fait vieux, un vrai mort-vivant bourré d’ennui. Heureusement il y a Jeanne, parfaite confidente enchaînée à une bourgeoisie désuète, une famille qui l’étouffe. Mais au moins elle écoute, attentive. Elle s’inquiète bien sûr, Claude n’a plus un sou. C’était sa tante qui l’avait poussé à peindre, l’avait amené à ses premiers cours… Mais il avait décidé de prendre ce pouvoir, cette passion, pour créer autre chose que ce qui existait déjà, une autre façon de percevoir le monde par la lumière, les couleurs, les textures… Il connaissait maintenant chaque courbe de Camille par cœur : de la rondeur de ses seins à celle de ses cuisses, et la vie lui avait été délicieuse. Mais il y avait bien un secret que Claude se gardait bien de raconter : la rondeur de son ventre. Il lui fallait de l’argent et ce fut à contrecœur que la Normandie se transforma en nécessité.

À vous d’écrire la suite !

Racontez à la première personne le retour de l’artiste de vingt-sept ans auprès de sa famille et du lien qu’entretient chaque personnage avec les autres. Donnez-vous au moins 20 minutes pour cet exercice.